Rien apparemment ne prédisposait cet homme à devenir chancelier. Et longtemps après le début de sa carrière politique, ses adversaires socialistes et ses rivaux démocrates-chrétiens continueront à le railler: Kohl l'emporté, Kohl le lourdaud, Kohl le provincial...
Il est vrai que ce fils de petit fonctionnaire catholique né en Rhénanie-Palatinat est profondément brouillon, primesautier, maladroit à l'occasion. Mais il sait s'entourer de fidèles, il a le sens du pouvoir et ne renonce jamais. Ceux qui ont tenté de lui barrer la route au sein de son propre parti le savent, qui ont été défaits un à un, sans espoir de retour.
En 1982, le plus jeune chancelier de la République fédérale s'était fixé trois objectifs: la réunification, l'intégration européenne, la modernisation de l'économie allemande. Le premier est atteint, le deuxième est en voie de l'être, le troisième est désormais à sa portée. Et il ne fait plus de doute aujourd'hui que le " Géant noir " est entré dans l'His