Un mot - un seul - écoute bien, murmure-le - oraison - son amplitude, le doux épanouissement des sonorités, la grâce d'un souffle ternaire, pour te dire ce qu'elle est, ce que tu deviendras. La ronde et majestueuse ouverture d'une première voyelle - éclosion se prolongeant d'une deuxième syllabe - extension, couleurs d'horizon d'une longue finale, flottante terminaison, suspension indéfinie comme dans les lointains. Les deux mots, bien au-delà de la rime, par l'étalement de leur résonance, se révèlent si proches. L'oraison silencieuse étend la prière d'un horizon intérieur. L'oraison laisse descendre en nous, fait habiter en nous, véritablement, un horizon : sa ligne, son espace, son tremblement. La prière t'apprendra une chose très simple qui ne se comprend bien que dans l'ordre du vivant : Dieu n'est pas une croyance. Plutôt une insistance - quelque chose comme un pressentiment que rien ne peut amoindrir et qui porte en lui-même l'aplomb des évidences. Parce que Dieu est amour -