Jean Gerson (1363-1429) est l’un des seuls auteurs français à avoir rédigé certaines de ses œuvres en deux versions, l’une en latin, l’autre en langue vulgaire. Pour qui s’intéresse au bilinguisme médiéval, phénomène encore trop mal connu, la confrontation de ces deux rédactions est beaucoup plus riche d’enseignements que la comparaison de textes latins avec des traductions, souvent nettement postérieures, faites par des gens venant d’autres régions que les auteurs et n’ayant pas le même niveau de culture.
Le première partie de l’ouvrage est constituée, pour l’essentiel, par l’édition synoptique de trois textes que Gerson rédigea dans les deux langues: le Livre des dix commandements de Nostre Seigneur, l’Examen de conscience et la Science de bien morir, très tôt regroupés par les soins de l’auteur en un recueil qui devait connaître une large diffusion en latin sous le nom d’Opus tripertitum et en français sous des titres divers. L’édition est fondée sur des manuscrits originaux copiés