Nil n'ignore plus la différence fondamentale entre le judaïsme de l'Est de l'Europe et celui de l'Ouest. Le premier était une civilisation, irriguant la vie publique et les institutions communautaires ; c'est en son sein que naquirent les études juives. Le second, qui bénéficia des Lumières et de l'émancipation politique des Juifs, se marqua longtemps par la mise à distance du judaïsme comme mode de vie intégral. Aussi, lorsque, au cours du XXᵉ siècle, les Juifs acquièrent des positions prééminentes dans les sciences sociales, ils délaissent l'anthropologie, la sociologie ou l'histoire politique des sociétés juives passées ou contemporaines. Pourtant ressurgissent de nos jours, dans les sociétés pluralistes, des tentatives de réinventer un destin collectif, par un effort de désassimilation, comme en écho au judaïsme de l'Est de l'Europe. Ce paradoxe se comprend qu'au prix d'un grand périple dans les sciences sociales occidentales, de l'Allemagne du XIXᵉ siècle aux États-Unis d'aujourd'
Nombre de pages496
CollectionNRF Essais
Forme de produitLivre broché / livre de poche broché