Les filles de Justice, décidément, sont bien embarrassantes. Depuis deux siècles, elles ont été sans cesse transférées de prisons en quartiers correctionnels, de maisons pénitentiaires en écoles de préservation. Confinées derrière une clôture. Qui sont-elles ? Qu'ont-elles fait ? Des mineures qui, pour diverses raisons, sont passées devant un juge. Elles ne sont pas forcément délinquantes, mais elles seraient susceptibles de l'être ; elles ne sont pas forcement prostituées, mais elles seraient au bord de l'être. Toujours considérées comme difficiles, voire vicieuses.
L'État se sentant impuissant s'est déchargé sur les congrégations religieuses et leur a « confié » la rééducation de ces filles, sous forme d'une mission de service public. La congrégation Notre-Dame de Charité du Bon-Pasteur d'Angers, déjà spécialisée dans les filles perdues, a ainsi acquis un monopole.
Contre des prix de journée versés par l'Etat, elle les a reçues au milieu d'autres femmes et adolescentes, pensionnaires
Poids1 gr
Forme de produitLivre broché / livre de poche broché