Le mal a toujours été au coeur de la pensée collective, nourrissant religions, mythes, légendes, contes, morale... Au XXe siècle, après que « le mal absolu » a été conçu, organisé et réalisé industriellement avec la Shoah, le concept du mal a été essentiellement modifié : passage par « le mal radical » jusqu'à « la banalité du mal ». Avec la post-modernité, différentes formes de déni du mal se sont produites malgré le terrorisme, l'esclavage, les massacres de masse. Enfin, lors de la toute récente pandémie du Covid-19 a surgi un sentiment d'inquiétante étrangeté, actualisant - sous les apparences du nouveau et de l'inconnu - un mal ancien, non maîtrisé. Elle a éveillé de vivaces fantasmes, mythologies, projections archaïques, délires : complotisme... Cet événement mobilise autant de réflexion que de régression et interroge notre civilisation. Comment repenser les figures du mal aujourd'hui ? Comment distinguer mal, cruauté, sadomasochisme, pulsion de mort, destructivité ? Que peut nous