L'histoire des idées comme celle des représentations semble souvent tenir pour acquis que l'expression philosophique et esthétique, voire politique ou sociale, ne dépend que des volontés des scripteurs, artistes et locuteurs. Celles-ci, une fois publiées, pourront être avalisées (ou non) par ce que ce Cornelius Castoriadis appelle le «collectif anonyme», puis, parfois, s'instituer en «significations centrales» plus ou moins durables. C'est faire l'économie d'une réflexion, rendue urgente par les temps qui courent, sur les différentes contraintes qui pèsent tant sur l'expression des idées que sur le domaine des représentations.
Ce dossier s'intéresse à la liberté d'expression de même qu'à ses censures (et autocensures) à travers les âges, par l'exploration d'une série de cas de figures provenant de différentes époques. Il s'agit donc d'objectiver la nature que ces limites ont pu revêtir au cours de l'histoire afin de mieux saisir comment la régulation des discours s'exerce et se justifi