En 1935, Bruno Schulz, écrivain polonais, assassiné en 1942 par un nazi, écrivait : « Il y a en nous un esprit de petitesse qui attaque, creuse, brise, fracasse, désagrège, sape le rocher de la grandeur. C'est le travail incessant, fébrile, souterrain de la petitesse. » Les multiples agissements récents de l'esprit de petitesse ont pour résultat une bien étrange barbarie, celle de notre temps, une barbarie qui ne fait pas couler le sang, à l'inverse de ce que firent les précédentes, mais qui, en quelque sorte, l'empêche de circuler. Les barbaries se détestent entre elles. La précédente sert de contre-exemple et de repoussoir à la suivante. Mais elle s'en inspire pour frapper plus fort, plus efficacement. L'ennemi est en ce moment plus redoutable encore : on ne sait pas qu'il existe. Et il nous inflige, sous prétexte de nous protéger, ce qu'il y a de pire, ce qui fait son essence : l'incertain, ce moyen terriblement sophistiqué grâce auquel règne l'invisible. Dans cet essai en forme de
Nombre de pages112
CollectionEssais document
Date de publication04 septembre 2014
Forme de produitLivre broché / livre de poche broché