Notre projet pouvait sembler équivoque; les deux journées dont on trouvera ici l'écho imprimé ont du moins prouvé que l'on pouvait parfois mouler dans le langage de la tribu universitaire la part d'indicible qui fait du libertinage des Lumières le frère mal-aimé du brillant libertinage érudit éclos au siècle précédent. Aucun Peiresc, nul Gassendi, pas même de Bouchard ou de Vanini; le réseau lexical fonctionne au XVIII siècle comme un toton en folie. De son cheminement sinueux, irrégulier, nous n'avons pas tenté de déterminer une norme du libertinage. Soutenus cependant dans notre enquête par les définitions des dictionnaires de la fin du XVII siècle, nous avons senti que le libertinage des Lumières n'avait plus guère ce caractère de rationalisme antireligieux d'où sa forme première tirait sa force scandaleuse et libératrice.
La réconciliation d'Eros et de la philosophie fut, selon l'heureuse formule de R. Pinhas-Delpuech, sa tâche privilégiée. Ce qui rattache Casanova au jeune Diderot
Date de publication03 mai 2000
Forme de produitLivre broché / livre de poche broché