Après la chute de Napoléon, la France redécouvre son passé. Archives, chroniques, mémoires : une génération d’érudits met en ordre les matériaux de l’histoire nationale. Tous, sont des hommes mais une femme pourtant s’impose dans ce monde savant : Émilie Dupont (1790-1886).Issue de la petite bourgeoisie parisienne, formée auprès d’Adrien Beuchot, éditeur critique de Voltaire, elle entre dans les réseaux de l’érudition historique et partage la vie de Jules Ravenel, bibliothécaire. Sous l’égide de la Société de l’histoire de France, elle édite des textes médiévaux majeurs, parmi lesquels les Mémoires de Philippe de Commynes.À partir de sources rares et dispersées, Joanna Pomian restitue le destin d’une pionnière oubliée. Première Française à s’imposer comme médiéviste, Émilie Dupont permet de saisir un moment décisif : celui où l’érudition devient un métier avant même que l’histoire ne se constitue en profession universitaire. Son parcours révèle une possibilité bientôt refermée : celle,