L'origine de cet essai remonte à une présentation de la Chartreuse de Parme à des étudiants américains. Je n'avais pas d'idée préconçue, mais en expliquant l'épisode du duel entre Fabrico et Giletti, j’ai noté l'émergence d'un schème à résonance œdipienne ; bien plus, à partir de cette péripétie, le statut narratif du roman se modifiait du tout au tout, comme si la fameuse improvisation stendhalienne se trouvait dès lors sous l'influence d'une pulsion subconsciente. De retour en France, j'ai eu la curiosité de procéder à un examen de l’architecture globale de l'œuvre qui porterait sur les interférences entre l’écriture de Stendhal et sa ‹ sensibilité ». Dans cette optique, son cas présentait un intérêt particulier. Sa manière de composer, spontanée, « sans plans », tendait à transformer la trame fictionnelle en épreuve projective. On sait que les calculs ambitieux ou amoureux de ses héros sont le plus souvent détruits par des gestes irrationnels. Cet éclairage amenait à poser avec prud