Durant tout le XVIIe siècle et plus particulièrement entre 1630 et 1660, période qui voit l'atmosphère ludique et brillante des salons mondains irriguer la vie sociale et littéraire, des pièces poétiques de longueur variable intitulées épîtres ou lettres en vers circulent selon des modalités diverses : souvent dites dans le cercle clos des salons, beaucoup sont recueillies de la main du secrétaire du Roi, Conrart. Certaines sont publiées dans des recueils collectifs et, à ce titre, soumises à un plus large jugement. Mais qu'elles soient insérées modestement dans les œuvres d'auteurs ou, plus rarement, rassemblées en recueil, ces pièces, dont l'allure discontinue est à la mesure de la " vitesse sans seconde " avec laquelle " elles font le tour du monde ", concentrent quelques tensions propres à éclairer notre compréhension des enjeux littéraires et sociaux de l'époque. À l'instar de la lettre, l'épître en vers est entreprise de communication, monnaie d'échange et marque sociale ; mais c