On pense couramment qu'un texte doit être lu en commençant par le début et ainsi, par une lente et attentive pénétration, être saisi jusqu'à son dernier mot.
En effet, certains textes ne souffrent pas un dévoilement " déconstruit ". D'autres, au contraire, méritent une lecture " détruite ". Ce sont ces textes porteurs d'un sens second. On ne peut les pénétrer vraiment que si on sait vers quelle fin mène la crise à laquelle on participe par la lecture.
Il en est de même pour les lieux où se sont passées des choses terribles. On ne peut les lire qu'à partir de ce terrible que nous en savons.
«Décor : néant» est un édifice de mots bâti sur une phrase courte qui n'apparaît qu'à la fin : Assez de symétrie, murmure l'âme de Shimon.
Que chaque réplique de cette pièce résonne en permanence de ces paroles désespérées... si pleines d'espoir.