Dans l'oeuvre d'Ernest Pignon-Ernest, Pier Paolo Pasolini apparaît dès 1980 sur les murs de Certaldo, puis à Naples à partir de 1988, au point que l'on peut parler d'un compagnonnage constant, le poète-cinéaste devenant l'une des grandes références de l'artiste, l'une de ses icônes. Il s'en explique d'ailleurs à plusieurs reprises et très clairement.
«"Pasolini était écartelé entre le désir intense de voir se transformer les rapports entre les gens et la lucidité aiguë avec laquelle il percevait les menaces que ces bouleversements allaient engendrer. Parce qu'il était le chantre du corps, de la liberté, du sexe, peut-être a-t-il été le premier à pressentir le détournement qui était en train de s'opérer, la société de consommation s'emparant de ces aspirations physiques et spirituelles pour les mettre au service de la marchandise. En dépit d'une hostilité quasi générale, il a prophétiquement dénoncé les risques de nivellement, de destruction des valeurs qu'implique l'hégémo