Quels que soient les termes que l'on invoque, quelles que soient les disciplines que l'on convoque, pour aborder la cruauté, au-delà de toute violence, on en viendra toujours à la définition d'une jouissance : la cruauté est une jouissance pour le mal. C'est jouir du mal pour le mal, c'est voir l'autre souffrir pour le plaisir, ou par plaisir. Mais qu'en est-il de cette jouissance, pure et absolue, au-delà du plaisir et de la peine, comment l'analyser, dès lors qu'elle semble s'ériger comme un critère essentiel pour penser la cruauté ? J'avancerai deux hypothèses. La première portera sur l'instrumentalisation politique de la jouissance cruelle. Un investissement politique et juridique de la cruauté, dont la fonction ne consiste pas à faire mourir, mais à effacer les fantômes de la mort, à déporter les survivants, pour les tenir à distance de leurs propres fantômes. La seconde porte quant à elle sur la violence fondatrice du pouvoir. Une violence qui fonde la souveraineté du pouvoir, et
Marque EditorialeBELIN
Poids186 gr
DistributeurDILISCO
Forme de produitLivre broché / livre de poche broché
LangueFrançais
Date de publication02 mars 2010
Notes bibliographiques
Serge Margel vit et travaille entre Genève et Paris. Chercheur au Fonds national suisse de la recherche scientifique, il a déjà publié plusieurs ouvrages aux Éditions Galilée, entre autres Le silence