Joindre au Moyen Âge économie marchande et littérature sur le même axe syntagmatique et imaginaire, voilà qui semble relever de la gageure et du paradoxe, tant l’éthique du don paraît dominer l’ensemble des transactions symboliques mises en scène par les principaux genres narratifs. Et pourtant, une singulière gémellité paraît lier, dès leur (re)naissance à partir du XIIe siècle surtout, le signe monétaire et l’écriture fictionnelle en langue vernaculaire, la figure du commerçant et celle du poète.
Sur l'un comme sur l'autre pèse, en effet, l'anathème de la damnation, tous deux aspirant néanmoins, au seuil d'une espèce de Purgatoire du langage, à voir leur discours et leur activité accéder pleinement à la légitimité. Aussi, à une époque où l'on assiste à la désagrégation de certaines valeurs constitutives de la féodalité, où le rapport à un signifié fondateur devient de plus en plus lointain et irrécupérable, la fiction et la monnaie frappée émergeraient-elles comme deux nouvelles fo
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Forme de produitLivre broché / livre de poche broché