« Claude Bénard fut mon voisin au coeur du quartier Victor Hugo d’Angoulême. [...] J’allais le visiter dans son atelier, l’écouter, l’admirer et même poser pour lui. Il savait tout des arts à Angoulême à l’époque contemporaine et avait côtoyé les peintres régionaux du XXe siècle dont les toiles ornent nos musées ou salons. Je me souviens d’un homme qui portait la barbe blanche et fumait la pipe. L’oeil était vif et l’âme méditative, le coeur doux, la conversation riche et passionnée.
Dans son atelier, un merveilleux voyage hors du temps s’annonçait pour moi au travers des songes de l’artiste fixés de sa main géniale sur la toile, le bois, le cuivre ou le papier. J’étais dans le haut lieu du surréalisme en Charente. Le décor est resté fidèlement dans ma mémoire : une pièce de bois, un éclairage zénithal, le chat silencieux et les oeuvres en multitude. Ici l’artiste travaillait chaque jour en paix. [.