Rédigée dans les années 1790, l’Histoire de ma vie de Jacques Casanova de Seingalt s’est trouvée victime d’une publication posthume à l’époque romantique, en pleine réaction puritaine. Sous le titre « Mémoires de J. Casanova », c’est toujours un texte réécrit et adapté au goût du XIXe siècle qui a été édité, l’original n’ayant connu que deux publications, assez récentes, en 1960-1962 (éd. Brockhaus-Plon) et en 1993 (R. Laffont). L’image de Casanova s’en est trouvée faussée, et l’œuvre « unique » qu’est l’Histoire de ma vie n’a pu longtemps être appréciée à sa juste valeur. Après avoir retracé l’histoire du manuscrit, cet ouvrage explore les principaux aspects autobiographiques de l’œuvre (son projet, ses rapports avec d’autres Mémoires et notamment les Confessions de J.-J. Rousseau, la fameuse question de la véridicité, etc.). Il tente de prendre la mesure du mythe personnel de Casanova, en montrant le parti que choisit l’auteur de présenter sa vie comme un égarement joyeux, impénitent