La guerre en bloc et face à la mer à travers l’appareil photographique et critique d’un « révélationnaire ».« Abandonnés sur le sable du littoral comme la mue d’une espèce disparue », les bunkers du mur de l’Atlantique s’usent. Leur figure anthropomorphe et leur identification à l’occupant allemand ont fait scandale. Il y a cinquante ans, Paul Virilio leur a consacré un livre auquel nous ne cesserons de nous référer tant que les remparts illusoires continuent d’encombrer l’horizon de l’histoire.En étudiant l’architecture des bunkers en temps de paix, c’est la guerre qu’il scrute. En pensant l’espace militaire, c’est la paix qu’il interroge, notre besoin de chasser la peur, d’oublier. Parce que long et patient, le regard de Paul Virilio est purement archéologique. Parce que façonné derrière les fentes de visée, il devient de plus en plus aigu, de fait philosophique. Le fait est que la guerre est rétrospective et prospective. Le réarmement accéléré de l’Europe, quant à lui, « est mainten