Japoniste obsessionnel, intimiste espiègle, impressionniste tardif, nudiste voluptueux, greffier mélancolique du quotidien et de la fuite du temps… Les tentatives visant à résumer Pierre Bonnard (1867-1947) d’un mot ou d’une formule ont toutes échoué. On croit aussi le grandir en faisant de Matisse et de Mark Rothko, peintres de l’ivresse solaire, ses héritiers directs.
Il y a du vrai dans toutes ces approches, l’erreur est de les opposer ou de réduire cet artiste génial à l’évidente séduction de ses tableaux. Bonnard fut bien plus que l’observateur malicieux ou sensuel des mœurs bourgeoises, cultivant un hédonisme confortable, apte à fidéliser une clientèle vite internationale.
Sans ignorer le charme que lui reconnaissait Renoir, ce livre fait le pari d’un artiste autreme