Face à des géants de la pensée et docteurs de l’Église comme Bonaventure et Thomas d’Aquin, la tentation est grande de s’en tenir aux idées et aux thèses qu’ils ont produites, et à la tâche, immense par elle-même, de les éditer, de les étudier et de les enseigner. Or une telle approche, qu’elle soit purement conceptuelle ou de nature dogmatique, peut nous rendre aveugles à leur ancrage historique concret et au monde dans lequel ils ont eu à vivre et à penser. Loin de relativiser la portée de leur œuvre à tous égards extraordinaire, une attention renouvelée à leur monde et à la manière dont eux-mêmes, en leur temps, se sont rapportés à la tradition, devrait permettre de mieux les relier à leur histoire comme à la nôtre. Comment ont-ils relevé le défi du rapport à la tradition et aux sources ? Comment ont-ils relevé le défi du débat avec leurs contemporains ? Comment percevaient-ils leur temps et quelle tâche avaient-ils à cœur d’y accomplir ? Enfi n, dans quelle mesure cette façon