« Ce livre n'est pas une parodie, ni une anthologie, surtout pas un pamphlet. Ce n'est pas un jeu gratuit ou un pur exercice d'équilibre. C'est une envie. C'est la réponse à une question qui me turlupine lorsque je regarde les écrivains passer à la télévision : si quelqu'un comme Bernard Pivot avait officié au début des années cinquante, avec la formule que nous connaissons, qui aurait-il convié à ses sauteries du vendredi ? N'avez-vous jamais imaginé un plateau idéal ? Qu'aurait dit Céline ? Ou Camus ?
Mes goûts personnels me portaient vers Marcel Aymé, Emmanuel Berl ou Roger Vaillant, mais il fallait des personnages plus connus et mieux datés. J'ai fini par en retenir dix, que voici, par ordre alphabétique pour qu'il n'y ait pas de jalousies posthumes : Breton, Camus, Céline, Cendrars, Cocteau, Malraux, Mauriac, Queneau, Sartre, Vian. Ensuite je les ai séparés en deux groupes autour de deux thèmes distincts : peut-on tout dire ? et à quoi servent les romans ?
La situation est inventé