Sur les rives du fleuve Niger, les fêtes nommées sogo bo – littéralement « l’animal sort » –, spectacle de marionnettes où chants, percussions et danses occupent une place centrale, ont donné naissance à une riche culture matérielle, de masques et marionnettes. Ces objets, figuratifs et colorés, représentent des animaux, réels ou mythiques, des êtres mythologiques ou illustrent des scènes de la vie quotidienne. Partagée par les Bamana, les Marka, les Bozo et les Somono, la pratique du sogo bo est aujourd’hui inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ces spectacles sont enracinés dans une tradition multiséculaire mais traitent aussi de l’actualité avec un aspect festif qui touche tous les âges. Pour les communautés agraires, la sortie des marionnettes est liée aux semailles et aux récoltes, pour les Bozo du fleuve, il s’agit de rendre le fleuve poissonneux et de favoriser la pêche. Les marionnettes sont aussi le vecteur de contes et de fables portant un enseignement m