La langue de l'Europe, c'est la traduction, disait Umberto Eco. C'est peut-être même la langue du monde, une alternative forte au nivellement du global English. Car la traduction est un "commerce" qui a fabriqué les civilisations, celle de la Méditerranée en particulier, et un savoir-faire avec les différences, des plus nécessaires aujourd'hui.
Alors Babel, malédiction ou chance ? Quelles politiques de la langue pour en tirer parti ? Peut-on suivre les routes de la traduction, comme les routes de la soie ? Comment traduit-on ce qui se présente comme la parole de Dieu ? Que faire de l'intraduisible corps des langues, celui des rébus et des poèmes ? Qu'est-ce au juste que ce soi-disant génie des langues, propre à chacune ? Et comment cette pratique paradoxale, dire "presque" la même chose, nous apprend-elle à circuler "entre"?
A toutes ces questions, une foule d'oeuvres et d'objets, monumentaux ou d'utilité quotidienne, antiques ou contemporains, de la pierre de