Antoine-Vincent Arnault a connu jusqu'au milieu du XIXe siècle une enviable notoriété. Dès 1791, à vingt cinq ans, il est l'auteur acclamé de Marius à Minturnes, l'une des tragédies les plus réputées de l'époque révolutionnaire. Compagnon de Bonaparte à l'armée d'Italie, un moment chargé par le général de l'organisation du gouvernement des îles Ioniennes, familier de tous les auteurs, acteurs, musiciens de son temps, ami intime de Méhul et de Talma, qui interprétera la plupart de ses pièces, fonctionnaire de l'Empire, rallié à Napoléon pendant les Cent-Jours, exilé par Louis XVIII, responsable de ce Germanicus qui, en 1817, provoque un affrontement violent entre royalistes et bonapartistes, il est aussi le " Juvénal fabuliste " salué par Eugène Scribe qui lui succéda à l'Académie et l'auteur des Souvenirs d'un sexagénaire admirés de Sainte Beuve. Arnault fait partie des littérateurs d'entre-deux longtemps négligés par l'histoire littéraire. Cet adversaire acharné du romantisme a connu