Marie-France David, docteur ès Lettres, agrégée de Lettres Modernes et auteur d'articles sur l'imaginaire antique à la fin du XIXe siècle, se propose de montrer dans cet ouvrage combien l'esprit décadent de la fin du siècle dernier était redevable au concept historique de décadence romaine. Cette étude, reposant sur un corpus d'environ trois cents ouvrages "antiquisants", commence aux sources du genre, le roman antique chrétien des années 1850. Déjà s'y dessine la thématique de la délectation morose décadente, et de la culture à laquelle elle fait appel pour y remédier, ainsi que le rôle ambigu de la barbarie régénératrice, niée et réclamée par la Décadence. La réflexion sur le syntagme de "décadence romaine" conduit à s'interroger sur le rôle de Rome dans les textes. L'empire romain est pour la Décadence une entité symbolique qui excède largement les définitions habituelles. Il est incarné par ses Césars, dont la folie se traduit par un culte excessif de la singularité et du narcissis