On dénonce volontiers les lourdeurs de l’administration. Mais
prenons garde : le jour où, au nom de l’efficacité, nos démarches
seront entièrement pilotées par des machines, que restera-t-il de
notre liberté ?
À l’heure de l’intelligence artificielle, une nouvelle forme de pouvoir s’installe, plus silencieuse, plus rapide, mais aussi plus opaque.
Derrière la promesse de simplification, une autre réalité se dessine : celle d’une administration automatisée, rigide, impersonnelle, où la décision s’efface au profit du calcul. Les files d’attente ont disparu, les formulaires papier aussi. Mais ils ont été remplacés par des portails numériques, des algorithmes et des tableaux de bord qui décident, trient, évaluent. Peu à peu, la responsabilité humaine s’efface. L’individu est devenu un score, un profil de risque, un dossier parmi d’autres.
C’est en praticien du droit, en élu de terrain et en citoyen engagé que Frédéric Masqueli