Héritière aussi bien du surréalisme que du mouvement pop, la sculptrice polonaise Alina Szapocznikow, née en 1926, rescapée des camps d'extermination nazis et décédée en 1973 d'un cancer du sein, évoque le corps à travers ses sculptures. En centrant ainsi son oeuvre sur le corps humain, elle exprime à travers lui la fragilité de nos existences.
En seulement deux décennies, Szapocznikow élabore son oeuvre sculpturale et graphique avec virtuosité. Par son exploration de nouvelles méthodes sculpturales et l'expérimentation de matériaux nouveaux, tels que la résine de polyester et la mousse de polyuréthane, elle contribue de manière considérable au réexamen de ce médium.
De ses allusions ironiques à la production de masse et à la société de consommation émergent des assemblages de fragments corporels sensuels et troublants. Des moulages de ses lèvres et de sa poitrine constituent des « lampes érotiques » ou sont drapés de façon provocante dans des coupes en verre, interrogeant ainsi la p