Les Ottomans, dernier grand empire musulman du Proche-Orient, opèrent la synthèse culinaire de deux traditions, celle du monde arabo-musulman et celle de la Méditerranée gréco-romaine. Ils y ajoutent des éléments venus de l'Extrême-Orient, via la civilisation timouride, comme le riz, d'autres apportés des Amériques et transitant par l'Espagne : la tomate ou les piments. Ils diffusent enfin des produits nouveaux comme le café. Les trois continents sur lesquels s'étale l'empire, des portes de Vienne à la Caspienne, le Yémen et l'Oranais, perpétuent sans doute leurs propres habitudes ; mais la synthèse se fait à Istanbul, autour du palais, des cours des grands dignitaires, au sein des différentes populations qui affluent, de gré ou de force, après la conquête de la ville en 1453 : Turcs musulmans, chrétiens des Balkans et de l'Anatolie, juifs séfarades de la péninsule Ibérique et de l'Italie, sans compter les esclaves affranchis et convertis en provenance du Caucase, de la Russie, de l'Eu