En 1748, Rousseau et Diderot sont presque inconnus, l’Encyclopédie est à peine plus qu’un projet, Voltaire se consacre surtout à l’histoire et au théâtre. Et pourtant cette année-là voit le premier triomphe des Lumières, avec L’Esprit des lois. Désormais, Montesquieu sera reconnu comme le premier penseur politique de son temps ; il ouvre magistralement la voie qui sera celle des Philosophes, durant un demi-siècle. Sans ce coup d’éclat, la philosophie des Lumières aurait-elle eu le même visage et le même impact ?
Que fait-on, que lit-on en 1748 ? À quoi les Français s’intéressent-ils ? À la guerre et à la paix, à l’équilibre de l’Europe ; on versifie, on se bat à coup de pamphlets où les femmes deviennent hommes, et les hommes femmes… Mais théâtre, peinture et musique témoignent aussi que les sensibilités changent, que l’art doit répondre à de nouvelles aspirations. C’est un horizon intellectuel qu’on a tenté ici de reconstituer : 1748 est l’année où l’opinion frémit, ou évolue insensib