L'homme qui en juillet et août 1945 poursuit sans répit son travail a, par l'écriture, déjoué la contrainte de tout ce qui ressemble quelque peu à la loi : religion, famille, prééminence de l'autorité médico-psychiatrique. Seul au milieu des malades qui sont ses compagnons quotidiens, il ne l'est qu'en apparence car c'est le moment où il s'entoure d'une famille mythique de filles aimantes dont il est le père unique. Renversant la filiation qui, pour lui, beaucoup plus que du "père-mère", procède de la "suie du cu de la grand-maman", Antonin Artaud, de ses deux grands-mères, va faire ses filles premières-nées. Ses deux grands-mères, nées en Asie mineure, qui étaient aussi soeurs dans la vie. L'aînée, qu'il nomme Neneka Chilé, est la mère de sa mère, elle n'a guère quitté Smyrne que pour venir cajoler sa petite enfance. La cadette, Catherine Chilé, séparée des siens alors qu'elle n'était qu'une très petite fille, a été élevée à Marseille. Mariée à dix-sept ans au père de son père, elle v
Forme de produitLivre broché / livre de poche broché